Connaissez-vous le free floating ?

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Lorsqu’on vit à Paris ou en région parisienne, comme c’est mon cas, on a forcément un jour pensé à troquer sa voiture pour être dans l’air du temps et utiliser tous les services qui s’offrent à nous : transports en commun d’abord car Paris et la petite couronne sont plutôt bien lotis. Véhicules de VTC comme Uber ensuite et location ponctuelle de voitures. Cette dernière solution a été stoppée net avec l’arrêt d’Autolib. Néanmoins des constructeurs ont lancé des services beaucoup plus flexibles et qui vont encore se développer.

Autolib reliait de nombreuses communes de banlieue, il était 100% électrique et comptait un nombre très important de voitures (4.000). Cet auto-partage avec station a été abandonné par la mairie de Paris en 2018 notamment suite à un litige financier avec l’opérateur Bolloré.

L’un de ses successeurs, le free floating, est une nouvelle formule qui correspond à un partage de véhicules sans station (ou borne). Il répond à plusieurs problématiques : environnementales, vrai sujet du moment, de confort, en tenant compte du niveau d’engorgement des grandes villes mais aussi économiques. Avez-vous déjà calculé combien votre véhicule vous coûtait chaque mois en prenant TOUS les éléments en compte (frais d’acquisition, mutuelle, essence, frais d’entretien et notamment la révision qui nous a coûté un bras !).

Selon une étude de l'Institut Berg de 2017, la fréquence d'utilisation de ces services devrait augmenter de 20 % par an dans le monde dans les années à venir. Ainsi à Paris, deux tiers des ménages ont déjà renoncé à leur voiture particulière.

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@ Credit Photo Car2Go

 

Quels sont les acteurs ?

Avec l’échec d’Autolib la mairie de Paris a reconnu que l’erreur qui avait été faite est d’avoir mélangé les deux métiers que sont celui de gestionnaire d’infrastructures et celui de gestionnaire de service. Sur les vestiges d’Autolib, des offres se sont développés ces derniers mois.Les véhicules sont toujours électriques mais ils ne sont plus reliés à des stations. Ils peuvent donc être garés et récupérés sur n’importe quel emplacement autorisé en voirie.

Les opérateurs de free floating sont actuellement trois à Paris et ils ont été lancés par des constructeurs automobiles. Leur flotte automobile est, pour leur moment, beaucoup moins développée que celle de feu Autolib.

Le pionnier a été Moov’in Paris (Renault en partenariat avec Ada location), qui est apparu moins de six mois après la fin d’Autolib. Il a été suivi par deux autres acteurs : fin 2018 Free2Move (groupe PSA) et Car2Go (l’allemand Daimler) début 2019.

L’offre de véhicules devrait encore s’accroître car d'autres constructeurs se préparent (comme Citroën et Seat).

Free2Move bénéficie déjà d’une bonne expérience dans le free-floating car le service est déjà proposé à Madrid, Lisbonne, Wuhan en Chine ou encore Washington aux Etats-Unis.

Car2Go est, quant à lui, le pionnier de l'auto-partage. Il a été créé en 2008 par Daimler. Il est aujourd'hui présent dans neuf pays et 26 villes (en comptant Paris) et pourrait encore se développer. Il réunit plus de 3,6 millions d'abonnés à travers 26 villes (dont Paris). Il se présente comme le leader du secteur. Autre avantage pour Car2Go : sa flotte de 400 Smart EQ, 100% électrique, devrait s’accroître à 800 véhicules courant 2019. C’est bien davantage que ses deux concurrents.

 

Un vrai enjeu stratégique pour les constructeurs automobiles

Pour les constructeurs se positionner dans le free-floating répond à une stratégie de diversification. Faisant évoluer leur modèle économique, ils deviennent ainsi des opérateurs de services de mobilité. Leurs revenus proviennent du service de mobilité et non plus de la seule vente de véhicules. Cela leur permet également d'avoir une vitrine et de gagner en visibilité auprès des usagers.

Par ailleurs, le secteur est en pleine reconfiguration et les acteurs sont de moins en moins dans une logique de silos opposant les constructeurs aux acteurs de la mobilité. C’est pourquoi les partenariats se développent. Toyota a ainsi annoncé en août 2018 investir 500 millions d'euros dans Uber afin de de développer une flotte de taxis autonomes.

Ou encore, avec Free2Move, PSA devient un agrégateur de services de mobilité, le constructeur étant engagé dans une logique de création d'un MaaS [Mobility as a Service]. L’application regroupe ainsi différents services de mobilité et renvoie notamment vers les applications de Coup (scooters en libre-service), Donkey Républic (vélos en libre-service) et le service de VTC Allocab.

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@ Credit Photo Moov'in Paris

 

Comment ça fonctionne ?

Ce nouveau service est totalement digitalisé avec un déverrouillage du véhicule via une application mobile dédiée. Cette application permet également de localiser et réserver un véhicule.  Ces services fonctionnent sans bornes. Vous récupérez les voitures sur des places autorisées classiques ainsi que sur certaines places réservées aux véhicules électriques.

Autre point commun : Les voitures électriques sont disponibles 7j/7 et 24h/24.

Les tarifs comprennent l'assurance, la recharge électrique et l'entretien des voitures. Chaque marque a prévu des équipes de jockeys pour assurer le convoyage et le nettoyage des voitures. Les déboires subis par Autolib', victime d'incivilités et de dégradations, devraient être, par conséquent, évités.

Les tarifs varient néanmoins selon les opérateurs. Le dernier arrivé, Car2Go est un peu moins cher que Moov’in Paris (39 cts la minute pour les Zoé, 29 pour les Twizzy) et Free2Move (39 cts la minute sans abonnement pour les deux modèles Peugeot et Citroën, 32 avec un abonnement mensuel de 9,90 euros). Il propose un crédit d’utilisation de 10 euros pendant les trois premiers mois et un tarif d’utilisation variant de 24 à 34 centimes la minute selon la zone..

Dans les quartiers où il y a trop de voitures les prix sont plus bas et inversement. L'idée est de rééquilibrer l'offre et la demande en incitant les utilisateurs à récupérer des voitures dans les zones où elles restent inutilisées pendant de longues périodes. Le tarif à la minute est indiqué à l'utilisateur avant qu'il ne débloque le véhicule.

Autre particularité, si Car2Go prendra, comme ses confrères, en charge l’entretien et la recharge des véhicules, il compte aussi sur ses utilisateurs: lorsque la batterie descend en dessous de 60% de capacité, ceux-ci recevront 3 euros de crédit s’ils branchent le véhicule sur une borne Autolib’ à la fin de leur location.

De plus, comme sa concurrente, Free2Move, l’application de PSA cherche à se différencier en ne demandant pas d'état des lieux systématique et ne faisant pas payer un minimum de 10 minutes d'utilisation.

 

Une présence encore limitée mais…

Seul Free2Move est disponible, pour le moment, en petite couronne et encore dans une seule ville ! Son maire, André Santini, l’affirme « Issy-les-Moulineaux se réjouit d’être la première ville de petite couronne à proposer Free2Move Paris à ses habitants ».

Mais en considérant la rapidité de développement ce n’est certainement qu’une question de temps avant que d’autres opérateurs interviennent dans d’autres villes de la petite couronne.