Une expo pour les amoureux de l’impressionnisme au musée Marmottan

Affiche Expo

J’ai récemment découvert un musée que je ne connaissais pas et qui se situe dans le 16e arrondissement de Paris. Le musée Marmottan est consacré aux impressionnistes et abrite régulièrement des expositions relatives à ce magnifique mouvement de peinture. Je vous conseille vivement celle qui se tient actuellement (jusqu’au 10 février), qui s’intitule « Collections privées- Un voyage des Impressionnistes aux Fauves ».

Des œuvres dans un magnifique écrin

Cette exposition donne l’occasion de découvrir le musée Marmottan, qui se loge dans un formidable hôtel particulier de la rue Louis Boilly. Cet hôtel particulier se trouve lui –même dans un écrin de verdure, dans les Jardins du Ranelagh.

Affiche expo 2  Ranelagh  

Revenons sur son histoire tout particulière car ce musée de collectionneurs doit l’intégralité de ses collections permanentes à des donations privées.

Le Musée Marmottan Monet est l’ancien pavillon de chasse de Christophe Edmond Kellermann, duc de Valmy. Il a été acquis en 1882 par Jules Marmottan. Son fils Paul en fait sa demeure et l’agrandit d’un pavillon de chasse destiné à recevoir sa collection d’objets d’art et de tableaux Premier Empire. A sa mort, en 1932, il lègue à l’Académie des Beaux-Arts l’ensemble de ses collections ainsi que son hôtel particulier qui devient le musée Marmottan en 1934.

A partir de 1938, dons et legs se succèdent permettant de doubler les collections du musée et de l’ouvrir à l’impressionnisme.

Le premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet

Deux évènements majeurs vont permettre au musée de disposer d’une très belle collection. En effet, en 1966, Michel Monet (1879-1966), dernier descendant direct de Claude Monet fait du musée Marmottan son légataire universel.

Monet  

Des tableaux de Monet et de ses amis, une importante correspondance et une documentation variée rejoignent ainsi le musée. Le legs Michel Monet permet de constituer le premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet.

Et il est donc très intéressant, outre l’exposition, de visiter l’espace conçu sur mesure et qui abrite les oeuvres de Claude Monet. Cette galerie spacieuse présente en permanence, aux côtés d’« Impression, soleil levant », d’autres œuvres du peintre.

Impression Soleil Levant

 

Monet 2 Monet 3  

Autre évènement important : l’année suivant le centième anniversaire de la mort de Berthe Morisot, en 1996, les petits-enfants de l’artiste et leurs épouses lèguent vingt-cinq toiles et une cinquantaine d’œuvres graphiques de la première femme impressionniste. Leur collection comprend également des œuvres de Poussin, Delacroix, Corot, Manet, Gauguin, Renoir, Odilon Redon… 

On comprend ainsi mieux comment, au fil des ans, l’hôtel particulier de Jules et Paul Marmottan est devenu un haut lieu de l’impressionnisme

Une exposition autour de l'impressionnisme mais pas seulement

Les œuvres ont été prêtées par trente collectionneurs du monde entier, beaucoup de France, mais aussi des États-Unis, du Mexique et d'autres pays d'Europe. L’exposition dévoile soixante-deux peintures, dessins, et quelques sculptures, qui, pour la plupart n’ont jamais été montrées.

Elle est la seconde de ce type après celle de 2014 (« Impressionnistes en privé ») provenant également de collections particulières. Elle avait été présentée pour le 80éme anniversaire du musée et avait rencontré un beau succès.

Construite autour de huit étapes, l’exposition ne se limite pas au courant impressionniste. Ce qui en fait toute sa richesse.

Le parcours de l’exposition débute par le courant impressionniste, avec des œuvres de Monet, Caillebotte, Pissaro, Renoir et Degas. J’ai particulièrement aimé une œuvre de Monet, intitulée « Chrysanthèmes rouges ». Ici, les chrysanthèmes épanouis donnent une note très colorée à la toile et semblent déborder de son espace étroit. Les couleurs chaudes apportent un beau contraste avec les couleurs froides (vertes et bleues) de l’arrière-plan.

Chrysantèmes

Ensuite, avec le courant néo-impressionnistes, on retrouve des œuvres de Georges Seurat, Paul Signac et Théo Van Rysselberghe. Je me suis arrêtée devant deux œuvres en particulier. La première intitulée, La Seine à Courbevoie, a été peinte par Georges Seurat. J’ai aimé l’impression de mouvement : le bateau et la dame semblent avancer, dans une atmosphère apaisante et sereine. Et je suis fan de la technique aux petits-points et des reflets qu’elle apporte.

Caillebotte

La seconde œuvre, signée par Paul Signac, s’intitule « Castellane ». Ce tableau est baigné de lumière, les couleurs très douces, appellent là encore à la sérénité. La technique aux petits points apporte de la légèreté et de la douceur. Une profonde harmonie se dégage de cette œuvre.

Paul Signac

Quelques peintures de Toulouse-Lautrec, suivies de celles de L’Ecole de Pont-Aven (Paul Gauguin et  Emile Bernard) constituent les étapes suivantes. 

Puis viennent Les Nabis (Edouard Vuillard et Pierre Bonnard), des sculptures de Camille Claudel, Auguste Rodin et Antoine Bourdelle.

Sont présentées ensuite des oeuvres d'un peintre que je ne connaissais pas, Odilon Redon, du début du XXème siècle, et qui a fait surtout de la peinture décorative. Sans grand intérêt je trouve…

Enfin, la dernière étape est très intéressante avec des œuvres autour du fauvisme. On trouve des peintures d’Henri Matisse, André Derain, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Kees Van Dongen Pablo Picasso. J’ai particulièrement contemplé deux œuvres. « Le Boniment » de Kees van Dongen. Ce peintre hollandais était lié notamment au peintre néo-impressionnistes Paul Signac, ce que je ne savais pas. Or c’est justement la technique par petits points qui m’a beaucoup plus dans cette peinture. La toile de grand format, qui a pour sujet le thème de la fête foraine, a été peinte à l’issue d’une représentation vue au cirque Medrano. J’ai aimé le dynamisme et l’enthousiasme de la scène, traduits par des couleurs chaudes et vives.

Cirque

Quant à « Barques à Martigues » de Raoul Dufy, il m’a séduite par ses couleurs vives, son espace saturé et les formes géométriques.

Raoul Dufy

Avant / Après l'expo

Je vous conseille une balade sympa qui débute à la station de métro Passy, sur la ligne 6 Vous pouvez remonter toute la rue de Passy, très commerçante et animée. Cela vous amène directement aux jardins du Ranelagh et au musée. La balade dure une vingtaine de minutes pour se dégourdir les jambes et savourer ensuite pleinement l’exposition !